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Il manque plus de 2 milliards d’euros chez les céréaliers, selon l’AGPB

L'AGPB a sollicité plusieurs aides financières, au niveau français et européen, pour soulager les exploitations les plus en difficulté.

Selon le syndicat, avec un manque à gagner de 70 €/t, il a manqué près de 2,3 milliards d’euros aux producteurs de blé tendre en 2025. Un déficit qui pourrait être atténué par des aides fléchées vers les agriculteurs les plus concernés, que l’AGPB espère de plusieurs centaines de millions d’euros.

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Les années noires se suivent pour les céréaliers. Avec un écart estimé par l’Association générale des producteurs de blé (AGPB) à 70 €/t entre le prix de vente et les coûts de production du blé tendre, il va manquer au chiffre d’affaires global des producteurs de blé tendre en 2025 plus de 2 milliards d’euros. Une situation insoutenable, en particulier pour les producteurs de « l’Otex 15 » (1), dont plus de deux tiers de leur chiffre d’affaires dépendent des céréales et des oléoprotéagineux, comme l’a rappelé Eric Thirouin, président du syndicat, le 15 janvier 2026.

Pour répondre à cette crise qui succède à deux années de résultat négatif pour cette même catégorie d’agriculteurs, la ministre de l’Agriculture a annoncé un fonds d’urgence de 40 millions d’euros. L’AGPB pousse pour le faire monter à 80 millions d’euros, mais la décision finale dépendra des parlementaires.

Report de l’aide à la conversion en bio

Le syndicat demande également de faciliter l'accès aux prêts de restructuration à long terme,  ainsi que 20 millions d’euros auprès de la MSA, et 100 millions d’euros au niveau européen, via la réserve de crise. L’Europe est « en train d’étudier la demande », déjà effectuée par la France, a rapporté Eric Thirouin. « Ce sont 100 millions d’euros à piocher dans cette réserve de 450 millions d’euros pour les 27 États membres, a-t-il précisé. Nous avons toutefois tous les arguments pour justifier ce montant : [c’est en France] que les agriculteurs de la catégorie “Otex 15” sont les plus nombreux [et qu’ils ont le plus] souffert. »

Philippe Heusèle, secrétaire général de l'AGPB, Eric Thirouin, président, et Cédric Benoist, secrétaire général adjoint, ont animé la conférence de presse du syndicat le 15 janvier 2026. (©  Raphaëlle Borget/GFA)

Toutes ces aides seraient orientées vers les agriculteurs de l’Otex 15, avec une bonification pour les exploitations en zones intermédiaires ou à faible potentiel. Pour ces zones-là uniquement, le syndicat appelle aussi le gouvernement à redistribuer le reliquat d’aides à la conversion en bio non utilisé pour 2026 et 2027, sous forme de MAE (mesures agroenvironnementales). Eric Thirouin indique que selon les sources, ce reliquat pourrait s’établir à 500 millions, voire 750 millions.

Une stratégie à plus long terme

À plus long terme, le syndicat continue de porter les mêmes revendications, notamment en faveur d’une réflexion européenne sur un mécanisme d’intervention pour la gestion du marché et sur le stockage stratégique. Et plus globalement sur le soutien que souhaite apporter l’Union européenne à son agriculture.

(1) Exploitations spécialisées dans la production de grandes scultures (céréales, oléagineux et protéagineux).

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